mardi 15 novembre 2016

A chaque âge ses combats...

Depuis que mon petit homme est en âge de se faire entendre, je n'ai jamais pu lui couper les cheveux sans protestations.
Je ne vous parle pas de l'enfant qui ne veut pas qu'on lui coupe les cheveux parce qu'il veut continuer de jouer, ou qui refuse de rester assis à ne rien faire pendant que l'on s'occupe de lui...
Non, depuis ses 3 ou 4 ans Nahélé proteste parce qu'il veut les cheveux longs, et moi à son grand désespoir je les lui coupais tous les ans... Chaque début d'été, lorsque la mèche tombait dans les yeux, je dégageais tout très court et cela repoussait pendant 1 an, jusqu'à l'été suivant...
Et puis au printemps dernier je me suis dit qu'après tout... Si cela lui plaisait d'avoir les cheveux longs, après tout je ne voyais aucune raison de l'en empêcher ("Les cheveux longs ça fait fille" ou pire "Ca fait PD" n'étant pas à mes yeux des raisons valables! :-P )
Alors je lui ai laissé l'été pour décider, tout en pensant qu'à la sale longueur il renoncerait et me réclamerait de lui même les ciseaux...

C'était sous-estimer sa détermination...
A la rentrée de septembre, toujours aussi déterminé, nous coiffions avec patience la frange sur le côté avec l'aide du sèche-cheveu mais fin octobre, sa crinière ne voulait plus rien entendre... Encore trop courts pour être attachés mais bien trop longs pour être coiffés dignement, je ne voyais que le bandeau pour lui dégager le visage. Exit le serre-tête ou les barrettes trop féminins, l'option casquette serait condamnée au couloir pendant les cours, nous nous sommes donc mis en quête d'un bandeau masculin qui puisse accompagner mon petit homme jusqu'à son rêve de cheveux longs...

Et nous l'avons trouvé pendant les vacances ! Il ramena donc en souvenir de la montagne un bandeau de Trail Salomon qui accomplissait à la perfection sa mission et dont il était très fier !
Seulement les copains  abrutis de l'école n'ont pas vu cela du même oeil ! Et si il n'y avait qu'eux...

Le jour de la reprise, il essuya remarques, questions et moqueries sans trop se démonter...
Nous échangeâmes longtemps sur le constat de je ne sais plus quel philosophe qui dit que dans la société d'abord la masse se moque des précurseurs, puis se tait et observe avant de copier et s'approprier les choses...
Il se souvenait vaguement l'avoir déjà expérimenté lorsqu'il était le premier enfant du villach' a avoir une draisienne, que sur son passage les gens se moquaient de son vélo sans pédale, puisqu'au bout de quelques jours ils s'étaient lassés et lorsqu'un mois plus tard mon petit homme de 2 ans et demi faisait du vélo à deux roues sans aide sur le chemin de l'école plus un ne se moquait... 1 mois plus tard une seconde draisienne faisait son apparition... Depuis on les compte par dizaines !
Même expérience avec la trottinette il y a quinze ans que j'étais la seule adulte à assumer en ville pour mes 8km quotidiens.... Combien de fois ai-je entendu que ce n'était pas de mon âge, que j'avais piqué celle de mes enfants etc... Aujourd'hui nous sommes une dizaines de parents à sillonner les rues sur nos bolides dans l'indifférence générale...

Et l'après-midi il revint de l'école désemparé car c'était son professeur cette fois qui considérait qu'il devait se couper les cheveux et que ce bandeau n'était pas une bonne idée... le lui faisant remarquer devant toute la classe, n'ayant pour seul effet que de raviver critiques et commentaires.

Il a tenté le forcing pendant 3 jours lui demandant de ne plus le porter sous prétexte que "cela lui bouchait les oreilles et que du coup il ne devait plus entendre les cours" (ça ne s'invente pas ! :-(  )
Il lui répondit que le bandeau sur les oreilles le gênait bien moins pour travailler que les cheveux dans les yeux, mais le combat n'était pas gagné...
Il mit une bonne dizaine de jours à imposer son souhait dans l'école et à ne plus "subir" les réactions des autres...

Chacune de ces journées nous débrifions le soir sur le chemin de l'école la manière dont il avait géré les différentes réactions de ses camarades, des garçons moqueurs aux filles curieuses qui pensaient qu'il voulait se faire des chignons comme Violetta ...
Il me parlait de son agacement, de sa colère, avec ses mots à lui mais il avait besoin de beaucoup en parler.
Il ramena dans la cours des photos de beaux gosses surfeurs et skateurs les cheveux dans le vent et les choses retombèrent comme elles sont montées...

Aujourd'hui il arbore fièrement ses cheveux longs et moi je ne cesse de m'émerveiller de sa détermination et de son courage pour du haut de ses 9 ans, braver toute une cours de récréation et son professeur au nom de ses idées, de ses choix et de sa liberté !


Hier il était même heureux et fier de m'annoncer qu'un petit garçon de son âge lui avait confié être jaloux et souhaiter à son tour se laisser pousser les cheveux!!!
Heureux de constater qu'une fois encore l'histoire se répète et qu'après quelques jours de silence et d'indifférence, il est sur le point d'être copié et de montrer l'exemple...

Je ne sais plus qui a dit un truc du genre " Seul celui qui est capable de s'affranchir du regard et des opinions des autres est en mesure de connaître la véritable liberté" mais il est sur le chemin mon petit homme !!!

1 commentaire:

Adeubé a dit…

Bonjour, et bonne fin de semaine,
Nous avons vécu à peu près la même chose il y a bien longtemps: notre fils voulait chemise, cravate et cheveux roses. Il avait 7 ou 8 ans. La chemise et la cravate n'ont pas été difficiles à trouver et il les a portées fièrement. Quant aux cheveux, je résistais jusqu'au jour où un ami coiffeur a été d'accord pour lui faire une teinture temporaire. Quand j'ai annoncé à notre garçon que c'était possible, il m'a répondu: "Bah, ce n'est plus la peine maintenant!". Hélas! il est devenu beaucoup plus conformiste avec l'âge (il va avoir 39 ans).
Merci pour votre blog que j'ai découvert il y a quelques jours.